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Nelson Rolihlahla Mandela

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Qui est Nelson Mandela ?
 Nelson Mandela (1918)
 Critique

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Qui est Nelson Mandela ?

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Nelson Rolihlahla Mandela, dit Nelson Mandela, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, un petit village du Transkei (actuel Cap-Oriental, Afrique du Sud). Son père Ngubengcuka, chef de la tribu Xhosa et membre de la maison royale des Thembus, part bientôt vivre avec sa famille dans un autre petit village situé à quelques km de Mvezo, Qunu, où Rolihlahla passera toute sa prime enfance. À l'âge de sept ans il entre à l'école méthodiste de Healdtown, où son professeur lui donne le prénom anglais de Nelson, pratique habituelle à l'époque lorsqu'un noir africain entamait des études. Après le décès de son père en 1927, Nelson Mandela est confié par sa mère au régent du peuple Thembu, Jongintaba Dalindyebo, qui devient son tuteur. Il vit dès lors dans la résidence royale de Mqhekezweni, capitale provisoire du Thembuland.
À seize ans, Nelson Mandela est initié pour devenir un homme selon la coutume Xhosa. Il part ensuite poursuivre ses études dans un établissement anglais renommé, le Clarkebury Institute. Élève doué, il obtient son brevet scolaire en deux ans au lieu de trois. En 1937, il intègre le lycée de Fort Beaufort puis l'année suivante la très élitiste université anglaise de Fort Hare, sorte de Cambridge local destiné à former les futurs cadres administratifs d'Afrique du Sud. C'est ici que Nelson Mandela prend véritablement conscience de la situation faite aux noirs dans leur propre pays. Désigné représentant du Conseil des étudiants, il y commence ses premiers combats contre l'administration blanche toute puissante, ce qui lui vaut d'être exclu de l'université. Son tuteur le fait revenir à Mqhekezweni pour un mariage arrangé mais Nelson Mandela s'enfuit avec son frère Justice. Retrouvé, il est envoyé chez un agent immobilier, Walter Sisulu, qui le fait engager comme stagiaire au bureau de l'avocat Lazar Sidelsky. Nelson Mandela y travaillera tout en poursuivant ses études à l'université de Witwatersrand jusqu'à l'obtention d'une Licence de Droit en 1942. Pendant cette période, il fait la connaissance de deux militants du Congrès National Africain (ANC, membre de l'Internationale Socialiste) et du Parti Communiste Sud-Africain (SACP), Gaur Radebe et Nat Bregman, qui l'introduisent dans la mouvance anti-apartheid.
Nelson Mandela ne cessera dès lors de lutter pour la libération de son peuple. En 1943, il participe à sa première manifestation, puis adhère à l'ANC et co-fonde en 1944 la Ligue de la Jeunesse de l'ANC en compagnie de Walter Sisulu, Oliver Tambo et Anton Lembede. La même année, il épouse aussi Evelyn Mase, qui lui donnera un fils (Madiba Thembekile) et une fille (Makaziwedem), et déménage à Soweto. En 1948, le Parti National Afrikaner remporte les élections. Daniel Malan, nommé premier ministre, s'engage dans une intense politique d'apartheid. L'ANC risposte et se transforme en grande organisation politique. Walter Sisulu est élu secrétaire général, Oliver Tambo et Nelson Mandela deviennent membres de la direction nationale. Après le vote d'une loi interdisant le communisme, l'ANC et le SACP feront alliance, modifiant ainsi le rapport des forces politiques en Afrique du Sud. En 1952, la campagne de désobéissance civile incitant les noirs à ne pas respecter les lois racistes connaît un grand succès. Nelson Mandela, devenu avocat des Noirs en butte à l'injustice des règles administratives, est arrêté par la police le 30 juillet 1952 et condamné à neuf mois de travaux forcés, mais la sentence reste suspendue. En 1955, il participe à la rédaction de la Charte de la liberté dont l'objectif est de lutter contre la ségrégation raciale et l'apartheid. Il voyage en Afrique et au Royaume-Uni. En décembre 1956, il est arrêté avec 150 militants de l'ANC et accusé de trahison mais tous seront acquités après un long procès en 1961. Entre-temps, Nelson Mandela a divorcé et épousé en 1958 "Winnie", qui lui donnera deux filles.
Après le massacre de Sharpeville en 1960 qui voit la police sud-africaine tirer sur la foule et tuer 69 manifestants, le Congrès National Africain est officiellement interdit en Afrique du Sud. Nelson Mandela crée alors un mouvement armé clandestin baptisé "Umkhonto we Sizwe" (Lance de la Nation), dont il devient le commandant en chef. Il est arrêté en 1962 et condamné à cinq ans de prison pour avoir quitté le territoire sans autorisation et incité à la grève. L'année suivante, il est inculpé de sabotage et haute trahison, condamné en 1964 avec sept autres militants à la prison à perpétuité et incarcéré sur l'îlot-bagne de Robben Island, au large du Cap. Le détenu numéro 46664 croupit en prison pendant 26 ans, jusqu'en février 1990, après avoir toutefois bénéficié d'un régime de résidence surveillée à partir de 1988. Il devient au fil des ans le prisonnier politique le plus célèbre du monde. À sa libération, il prend la tête de l'ANC (redevenu en 1990 parti politique autorisé) et entreprend des négociations avec le gouvernement blanc de Frederik de Klerk qui aboutissent à la fin de la politique d'apartheid et à des élections générales au suffrage universel. Ce travail commun contre le racisme et pour l'établissement de la démocratie dans le pays, malgré les oppositions et les violences, vaudra au deux hommes le Prix Nobel de la Paix 1993.
Nelson Mandela est élu en avril 1994, après la victoire de l'ANC qui obtient 62,65% des voix. Il devient le premier président noir d'Afrique du Sud, fonction qu'il occupe jusqu'en 1999 avec deux vice-présidents à ses côtés, le noir Thabo Mbeki et le blanc Frederik de Klerk, et un gouvernement d'union nationale composé de l'ANC, du Parti National Afrikaner et du parti zoulou Inkhata. Son but est de bâtir une "nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et le monde". Il divorce de Winnie en 1996 et épouse en 1998 Graça Machel, veuve de l'ancien président mozambicain Samora Machel. En 1999, il ne se représente pas pour un second mandat et Thabo Mbeki, déjà président de l'ANC depuis 1997, lui succède à la présidence de l'Afrique du Sud.
Il crée à Johannesburg la Fondation Nelson Mandela afin de continuer le combat pour les valeurs qui lui tiennent à coeur mais abandonne la vie politique, se contentant d'être médiateur dans diverses négociations internationales de paix. Personnalité écoutée, notamment par les chefs d'Etat africains, il se consacre également à la lutte contre le Sida. En 2003, il prend toutefois publiquement et fermement position contre la guerre en Irak menée par les Etats-Unis et s'en prend sévèrement à George W. Bush qu'il accuse de vouloir "plonger le monde dans l'holocauste". Retiré de la vie publique depuis 2004, Nelson Mandela est aujourd'hui devenu comme le Mahatma Gandhi ou Martin Luther King une conscience universelle et une icône mondiale de la liberté et de la paix. Son autobiographie, Un long chemin vers la liberté, publiée en 1995, raconte tout son parcours, de son enfance à son accession au pouvoir.
Noël Blandin, vendredi 18 juillet 2008.
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Nelson Mandela (1918)

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L'ex-Président sud-africain Nelson Rolihlahla Mandela, le prisonnier politique le plus célèbre du monde, a consacré son existence à lutter contre l'apartheid et à prôner la réconciliation des peuples d'Afrique du sud.
A une époque où la ségrégation raciale contre les noirs est institutionnalisée par le gouvernement, Mandela poursuit des études d'avocat et rejoint, en 1944, les rangs de l'ANC, l'African National Congress, afin de lutter pour l'établissement d'une république démocratique en Afrique du sud. Puis, devenu président d'une section de l'ANC pour la jeunesse, il mène une campagne contre les lois iniques organisant à travers le pays la résistance contre l'apartheid. Mis en garde-à-vue, il dirige clandestinement une nouvelle campagne visant l'établissement d'une convention nationale. Mais accusé, notamment, d'avoir quitté le pays illégalement, Mandela assure, en vain, sa propre défense avant d'être condamné en 1964 à l'emprisonnement à perpétuité. Quelques années plus tard, il engage de sa cellule des négociations entre l'ANC et le Gouvernement de F. de Klerk en place qui aboutiront à l'abolition officielle de l'apartheid et aux premières élections multiraciales. En 1991, Mandela est enfin libéré après 28 années de solitude durant lesquelles sa « faim de liberté pour son peuple est devenue faim de liberté pour tous, blancs et noirs ». Dès lors, il comprend que sa mission est la réconciliation et qu'il faut libérer aussi bien “l'opprimé” que “l'oppresseur” lui-même « enfermé derrière les barreaux des préjugés et de l'étroitesse d'esprit ». Car pour lui, s'il a pu « apprendre à haïr », il peut aussi « apprendre à aimer »...
Elu Président de l'ANC, Nelson Mandela reçoit en 1993, conjointement avec F. de Klerk, le Prix Nobel de la Paix et, un an plus tard, se déroulent les premières élections multiraciales qui font de lui le nouveau Président de la République. « Nous sommes nés pour rendre manifeste la Gloire de Dieu qui est en chacun de nous, déclare t-il lors de son élection, et, au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même ». Plus que jamais, malgré le très lourd héritage de l'apartheid, Nelson Mandela s'investit dans la reconstruction démocratique, sociale, économique et politique du pays cherchant à combler les besoins urgents de la population noire et à apaiser les craintes des afrikaners. Mais « nous ne sommes pas encore libres, déclare Nelson Mandela à 80 ans, au soir de ses fonctions présidentielles, nous avons seulement atteint la liberté d'être libres, le droit de ne pas être opprimés… car être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ». Une grande leçon d'humilité digne des plus grands…
Aussi, parmi les nombreux bâtisseurs de la nouvelle Afrique du sud, Mandela est perçu comme le Père de cette nouvelle nation : un grand réconciliateur qui a transcendé les limites de sa prison pour œuvrer en faveur de la Paix et qui, sans aucun doute, en dépassera bien d'autres pour parfaire sa mission.
Pascale
Lectures conseillées :
>> Un long chemin vers la liberté - Nelson Mandela : Nelson Mandela nous permet, à travers son autobiographie, de comprendre la situation actuelle de l'Afrique du Sud. Ouvrage très bien construit, l'auteur nous démontre et explique les différents événements forts, principalement politiques et raciaux, au cours des 70 dernières années du pays. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !
>> L'apartheid - Nelson Mandela : Texte de deux plaidoiries du dirigeant nationaliste sud-africain. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !
>> Le regard de l'antilope - James Gregory, Bob Graham : Particulièrement pour le peuple noir, ce livre est émouvant. On y voit les sévices perpétrés par la population blanche et la dureté du régime d'apartheid. L'histoire de Nelson Mandela est une leçon de courage pour tous ses compatriotes. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !
>> Nelson Mandela: Le dernier titan - Alfred Bosch Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !
>> Nelson Mandela - K. Delobre Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !
>> Nelson Mandela - Jean Guiloineau : Cette biographie retrace son itinéraire, depuis sa naissance dans le Transkei en 1918 jusqu'aux élections générales d'avril 1994, en passant par les années d'enfance et de formation, par la lutte, la clandestinité et le long séjour dans les geôles sud-africaines. Un grand destin, un grand combat pour la cause de la liberté. Une vie tout entière consacrée à lutter pour les siens. Ce livre fera découvrir l'homme qui a changé l'histoire de l'Afrique du Sud. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici ! |
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"Déjouer l'ennemi. Nelson Mandela et le jeu qui a sauvé une nation", de John Carlin : Mandela, mêlée gagnante
LE MONDE DES LIVRES | 05.03.09 | 11h25
'image est l'une des plus célèbres de l'histoire du sport. Deux hommes portent le même maillot vert et or. Le plus jeune, un Blanc ébouriffé, tient un trophée dans la main gauche. Le plus âgé, un Noir coiffé d'une casquette verte, lui serre généreusement la main. Sourires radieux. "Merci pour ce que vous avez fait pour le pays", dit Nelson Mandela. "Non, monsieur le président, merci pour ce que vous, vous avez fait pour le pays", lui répond François Pienaar, le capitaine des Springboks sud-africains, qui viennent de remporter le Mondial de rugby, le 24 juin 1995. L'instant après, les deux hommes partiront d'un magnifique rire, et la foule de l'Ellis Park de Johannesburg, une majorité de Blancs, sera la première étonnée de s'entendre chanter "Nelson ! Nelson !"
Pas de doute pour John Carlin, alors correspondant à Johannesburg pour le quotidien anglais The Independent : il vient d'assister à un "moment d'émerveillement", "un phénomène constructeur". La traduction "québécoise" de son livre Playing the Enemy (Penguin Press) est parfois déroutante (le manager de l'équipe devient le "gérant", les chaussures des joueurs des "bottes", etc.). Elle n'ôte rien à l'intérêt de ce récit, qui souligne la formidable puissance du mélange entre sport et politique, quand il est dosé avec talent.
Ce moment-là, Nelson Mandela l'avait, mieux que rêvé, planifié - comme si les aléas de la compétition sportive n'existaient pas. Il a toujours aimé le sport. Boxeur dans sa jeunesse, il a entretenu sa forme dans les geôles de l'apartheid, où il a passé vingt-sept ans. Il n'avait aucun goût pour le rugby, un sport si associé à la politique de l'apartheid que les Springboks furent boycottés jusqu'en 1992. Mais il a tôt deviné, lors de sa marche vers le pouvoir, au début des années 1990, le rôle que ce jeu si peu populaire chez les Noirs et métis sud-africains pourrait tenir dans sa politique de réconciliation nationale. Aussi, comme il avait appris la langue de ses ennemis, l'afrikaans, lors de sa captivité, il a tenu à se familiariser avec le rugby. Intuition gagnante. Même approximative, sa connaissance du jeu lui a permis, dit John Carlin, de "tendre la main de manière rassurante à l'Afrique du Sud blanche".
Convaincre ses interlocuteurs blancs qu'il serait le premier supporteur des Springboks a mobilisé tout le talent du président de la balbutiante "nation arc-en-ciel" : ce fut presque un jeu d'enfant à côté de ce qu'il devra endurer face à son parti, l'ANC. C'est sous les huées que Nelson Mandela fit un jour la leçon à ses propres supporteurs, à qui il venait demander de se ranger, eux aussi, derrière les Springboks : "Construire une nation signifie que nous avons, à l'instar des Blancs, un prix à payer. Pour eux, ouvrir les portes du sport aux Noirs s'avère un prix à payer ; pour nous, dire que nous devons appuyer l'équipe de rugby est le prix à payer."
Après la finale, Carlin a rencontré un vieux Noir, très ému, près du stade : "L'Afrique du Sud est maintenant libre, lui a-t-il dit. Les Boks nous ont libérés et rendus fiers." Voilà ce qu'on appelle un happy end. Hollywood s'est d'ailleurs emparé du sujet : Clint Eastwood a acheté les droits du livre.
DÉJOUER L'ENNEMI. NELSON MANDELA ET LE JEU QUI A SAUVÉ UNE NATION de John Carlin. Ed. alTerre, 250 p., 18,30 €.
Eric Collier
Article paru dans l'édition du 06.03.09 |
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